Adam Smith

Adam Smith est un philosophe et économiste écossais des Lumières. Il reste dans l’histoire comme le père des sciences économiques modernes, dont l'œuvre principale, publiée en 1776, La Richesse des nations, est un des textes fondateurs du libéralisme économique. Professeur de philosophie morale à l'université de Glasgow, il consacre dix années de sa vie à ce texte qui inspire les grands économistes suivants, ceux que Karl Marx appellera les « classiques » et qui poseront les grands principes du libéralisme économique.

 

Théorie des sentiments moraux

 

Titre : La théorie des sentiments moraux

Auteur : Adam Smith

Genre : Philosophie

Date : 1759

Pages : 758

Éditeur : Payot & Rivages

Collection : Rivags poche

ISBN : 978-2-7436-3599-2

 

Considéré comme le père de l’économie politique, Adam Smith (1723-1790) fut aussi l’un des principaux représentants de la philosophie des Lumières écossaises. En 1759, dix-sept ans avant La Richesse des nations, il devenait célèbre grâce à sa Théorie des sentiments moraux, somme qui marque le point culminant de la philosophie du sentiment, tout en la confrontant à la pensée de l’intérêt égoïste héritée de Hobbes. Remarquable de subtilité et de modernité, cet ouvrage l’est aussi par l’inépuisable variété de ses exemples et de ses nuances : il s’agit, selon une métaphore favorite de Smith lui-même, d’un immense concert dont les multiples harmonies et dissonances ne cessent de dire la complexité de notre rapport à autrui et au social.

 

 

Quelle est la récompense la plus encourageante pour l’industrie, la prudence, la circonspection? C’est le succès dans les affaires de toutes sortes. Se peut-il que, dans le cours d’une vie entière, ces vertus n’y atteignent pas? La richesse et les honneurs extérieurs sont leur récompense propre, et il est rare qu’elles manquent de les acquérir. Quelle est la récompense la plus capable d’exciter à la pratique de la justice, de la sincérité, de l’humanité? C’est la confiance, c’est l’estime, c’est l’amour de ceux avec qui l’on vit. L’humanité ne fait pas désirer d’être supérieur aux autres, mais d’en être aimé. Un homme juste et sincère ne désire point d’être riche, mais de jouir de la confiance et de la créance de ses semblables ; et ses vertus lui valent presque toujours d’obtenir cette récompense.

 

Adam Smith, Théorie des sentiments moraux, pages 373 et 374

 

 

 

Les violences et les injustices des grands conquérants excitent souvent une sotte admiration ; celles des voleurs, des brigands et des vulgaires assassins n’inspirent jamais que le mépris, la haine, et même l’horreur. Les premières, quoique cent fois plus nuisibles et plus destructrices, passent souvent, lorsqu’elles sont couronnées de succès, pour des actes de la magnanimité la plus héroïque ; on regarde toujours les autres avec dégoût, comme les folies, aussi bien que les crimes, des plus bas et des plus vils des hommes.

 

Adam Smith, Théorie des sentiments moraux, pages 485 et 486

 

 

 

L’homme sage et vertueux est toujours prêt à sacrifier son intérêt personnel à l’intérêt public de l’ordre ou de la société particulière dans laquelle il se trouve.

 

Adam Smith, Théorie des sentiments moraux, page 526

 

 

 

L’homme qui agit selon les règles d’une entière prudence, d’une sévère justice, et d’une convenable bienveillance, peut être regardé comme parfaitement vertueux. Mais la connaissance la plus complète de ces règles ne suffit pas à rendre capable d’agir en conséquence : ses passions tendent à l’égarer, et, par l’aiguillon dont elles le poignent, ou par les illusions dont elles le flattent, à lui faire violer toutes les règles qu’il approuve lorsqu’il est de sang-froid. La théorie la plus achevée, si elle n’est point soutenue d’un parfait empire sur lui-même, ne lui permettra pas toujours de faire son devoir.

 

Adam Smith, Théorie des sentiments moraux, page 533